30 ans de lutte: si près, si loin du but!

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En réponse à l’appel d’Act Up, le Collectif assistera vendredi soir à un rassemblement, à partir de 18h, place Edmond Michelet  à Paris (4e arrondissement). Il s’agit, pour les 30ans de la première action d’Act Up New York, de se réunir pour marteler les revendications de la lutte contre le sida alors que depuis trop longtemps nos politiques délaissent le sujet.

Nous vous transmettons ci-dessous le texte de l’appel de l’association:

« 24/3/1987-24/3/2017 // Act Up ! Fight Back ! Fight AIDS !
30 ans de luttes : si près, si loin du but !

Le 24 mars 1987, Act Up New York organisait sa première action, à Wall Street. La date qui en marque le 30ème anniversaire ouvre le Sidaction de cette année, à un peu près un mois du premier tour des présidentielles, dans un contexte où les enjeux de lutte contre le sida apparaissent peu audibles.

C’est pourquoi nous nous rassemblons face à une campagne d’indifférence et de mépris : pour rappeler l’urgence d’une réponse d’ampleur à l’épidémie.

Alors que des traitements et des outils de prévention et de dépistage de plus en plus nombreux existent, touTEs doivent y avoir accès ! Les solidarités doivent être renforcées ; les discriminations et violences que subissent les minorités sexuelles et de genre, les migrantEs, les TDS, les usagèrEs de drogues, les détenuEs, les personnes raciséEs, doivent être combattues.

Ces objectifs et les revendications que nous défendons au long de cette campagne, sont la clé qui permet d’ouvrir vers la fin de l’épidémie.

Nous souhaitons que ce picketing soit l’occasion pour toutes les acteurICEs de la lutte contre le sida, du militantisme LGBT, de la lutte pour la santé de touTEs et contre touTEs les discriminations, de nous rassembler pour nos visibilités, et celle de nos luttes. »

 

Le Collectif au Printemps des Assoces

Le 25 mars, le Collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire participera au 18e Printemps des Associations organisé par l’Inter-LGBT à la Halle des Blancs Manteaux (4e arrondissement, Paris) aux côtés d’un centaine d’associations et organisations.

https://www.inter-lgbt.org/printemps-des-assoces/

Ce sera l’occasion pour les membres présents d’échanger, de diffuser différents documents d’information et de sensibilisation mais aussi de faire une première présentation d’une formation qui sera organisée au mois de mai prochain.

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C.P.: Les établissements privés, territoires de l’homophobie ordinaire autorisée ?

affaire-de-neuillyDans le cadre de séances de pastorale consacrées à l’amour, un livret comportant des propos pour le moins choquants sur l’homosexualité et sur l’IVG a été distribué à des élèves du lycée privé Notre-Dame Sainte-Croix de Neuilly-sur-Seine. Le père Jean-Benoît Casterman, prêtre de la communauté Saint-Jean, à l’origine du document, est bien connu des milieux traditionalistes et réactionnaires catholiques. Il affirme entre autres que l’homosexualité est une « tendance » qui résulte de « perversions d’adultes » et qu’une jeune fille ayant recours à une IVG le « regrettera toute [sa] vie ».  Malgré les excuses du chef d’établissement et une volonté affirmée de faire la lumière sur les circonstances de cette distribution, l’affaire ne peut s’arrêter là. Combien de Neuilly ailleurs en France ? Dans combien d’établissements privés sous contrat, des citoyen-nes, des adultes en construction sont-ils/elles mis-e-s face à des déclarations mensongères et des idées génératrices de haine et d’exclusion, y compris de haine de soi ? Rappelons que de tels propos tombent sous le coup de la loi.

Certes, les établissements sous contrat ont des libertés. Certes ils peuvent, hors du temps scolaire, organiser des activités qui sortent des programmes de l’Education nationale. Mais nous ne pouvons accepter qu’un établissement scolaire, dans son message péri-scolaire, aille à l’encontre de la mission de service public qui lui est dévolue par le contrat d’association.

Le Collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire s’insurge contre ces agissements qui visent à stigmatiser, à accuser et qui peuvent avoir des conséquences dramatiques chez des adolescent-es déjà fragilisé-e-s, et les dénonce avec force.

Il est urgent de réagir, de ne plus se taire face à ces utilisations plus que douteuses de temps pédagogiques. Car, si quelques adolescent-es osent exprimer leur choc face à la présentation du manuel Lejeune sur l’IVG ou face à l’étude de ce livret « Pour réussir ta vie sentimentale et sexuelle », combien sont mis-es face à ces théories intolérantes sans distance critique ou se taisent par peur des représailles ? Faut-il rappeler les chiffres de la sursuicidialité chez les jeunes LGBT ?

Le Collectif interpelle les pouvoirs publics et leurs demande de prendre leurs responsabilités face à de telles dérives  et de faire appliquer le droit dans l’ensemble des établissements. Le Collectif n’a de cesse de rappeler que tous les personnels doivent être formés contre les discriminations sexistes et LGBTphobes, au début et tout au long de leur carrière.

 

 

Former les enseignant-es à l’égalité, vraiment !

Mercredi 22 février, le Haut Conseil à l’Égalité entre les Femmes et les Hommes rendait public son rapport sur la formation des enseignant-es, rapport intitulé « Renforcer et généraliser aujourd’hui la formation à l’égalité filles-garçons des enseignant.e.s pour construire la société égalitaire de demain ».

Ce rapport reprend des constats et préconisations que nous portons depuis longtemps dans notre Collectif : « Pour changer durablement les mentalités et déconstruire les stéréotypes de sexe, l’éducation à l’égalité doit commencer dès le plus jeune âge. », ou encore : « Enseigner est un métier qui s’apprend, enseigner de manière égalitaire s’apprend également et fait partie des missions des personnels ».

Et, comme nous le dénoncions dès la mise en place en 2014 du plan pour l’égalité du MEN (destiné prétendument à prendre la suite des ABCD de l’égalité), le HCE constate que « la formation à l’égalité ne bénéficie qu’à une minorité des 900 000 personnels enseignants et non-enseignants qui travaillent dans les écoles, les collèges et les lycées ». Et encore, parmi la minorité qui a reçu une formation sur l’égalité filles-garçons, combien de ces personnels ont eu droit à un éclairage sur les LGBTphobies ? De cela, le HCE ne dit rien…

http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/stereotypes-et-roles-sociaux/actualites-3/article/renforcer-et-generaliser-aujourd

Transphobie hors de nos facs!

Actuellement, les personnes trans (dont le genre vécu n’est pas celui assigné à la naissance) sont victimes de nombreuses discriminations. Solidaires étudiant-e-s a lancé une campagne visant à soutenir leurs revendications et obtenir des avancées tant dans l’enseignement supérieur et l’université qu’au dehors. En s’associant localement avec les organisations trans, la première étape qui vise à rendre possible l’inscription à l’université sous un prénom d’usage est en cours.

Le Collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire, qui vient d’intégrer l’organisation Solidaires étudiant-e-s dans ses rangs, vous transmet son communiqué de presse en lien avec la campagne citée ci-dessus. http://www.solidaires-etudiant.org/wp-content/uploads/2017/01/CP-Transphobie.pdf

Les reculs, ça suffit !

Communiqué de presse

Lutte contre les LGBTphobies : les reculs, ça suffit !

Le Collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire s’insurge contre les tentatives de censure de la campagne officielle de prévention contre le VIH. Nous dénonçons le prétexte de la protection de l’enfance qui est invoqué. S’il faut protéger les enfants, c’est bien contre le sexisme et les LGBTphobies ! Où sont ces prétendus défenseurs de la jeunesse quand s’étalent à la vue de tous et toutes des affiches sexistes montrant des femmes objets et alimentant donc la culture du viol ? On ne les entend pas s’indigner, pourtant le message qui est envoyé aux enfants est éminemment dangereux, car il semble légitimer les violences faites aux femmes !

Parallèlement, les comités « vigi-gender » ont relancé leur offensive en direction des écoles contre la pseudo « théorie du genre » et contre la déconstruction des stéréotypes, dont le poids est pourtant avéré dans les inégalités et les discriminations. Des attaques idéologiques contre le droit à l’IVG se font également de plus en plus entendre.

Ces offensives réactionnaires mériteraient une réponse claire, volontariste de la part des ministères concernés ! Pourtant, le ministère de l’Éducation, malgré ses promesses, n’a toujours pas relancé la campagne de lutte contre l’homophobie en cette année scolaire. La volonté d’apaisement affichée ne fait qu’encourager les attaques.

Ca suffit ! Il ne faut plus tergiverser, l’information et la prévention doivent avoir lieu à tout âge, l’éducation à la sexualité et à l’égalité font partie des missions de l’Éducation nationale. Il est urgent que le ministère prenne ses responsabilités, remobilise les personnels et réactive, en lui donnant une audience forte, sa campagne « L’homophobie n’a pas sa place à l’école » !

Le 1er décembre, le Collectif appelle à rejoindre la marche contre le Sida

Alors que les offensives contre la campagne officielle de prévention du VIH révèle à nouveau la pression des groupes réactionnaires, le Collectif rappelle la nécessité de se mobiliser pour combattre l’épidémie. Ainsi, il appelle à rejoindre la marche initiée par Act-Up qui aura lieu demain à Paris à partir de 18 heures. Censée partir de la place de l’Hôtel de Ville, cette mobilisation est conditionnée à la décision de la préfecture au prétexte de l’état d’urgence. A l’heure actuelle, elle n’autorise qu’une manifestation fixe. Pourquoi limiter la visibilité de la marche ? La préfecture serait-elle sensible aux pressions et aux tentatives de censure LGBTphobes ? Contre le Sida et les offensives réactionnaires, toutes et tous à la marche.

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Comment « s’occuper du genre » à l’école ?

Communiqué de presse du Collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire :

Comment « s’occuper du genre » à l’école ?

Non, la communauté éducative ne cherche pas à introduire à l’école une pseudo-idéologie ; mais elle se préoccupe de la situation des jeunes en questionnement sur leur identité ou leur sexualité, et notamment des jeunes trans.

Contrairement aux affirmations du Pape et à celles véhiculées par des parutions de groupes réactionnaires, l’école ne se donne pas pour mission de « transformer les garçons en filles », ou d’enseigner la « théorie du genre », ce qui équivaudrait à vouloir enseigner l’existence du Dahu… N’en déplaise au Pape, ni l’une ni l’autre n’existent.

En revanche, elle a une mission : accompagner et faire réussir l’ensemble des élèves, quels que soient leur origine, leur sexe, leur orientation sexuelle ou leur identité de genre.

Oui les élèves trans à l’école sont une réalité.

Oui ils et elles ont le droit, comme tou-tes les autres, de réussir et de s’épanouir à l’école.

Oui ils et elles doivent pouvoir vivre à l’école avec le prénom d’usage correspondant à leur identité de genre.

Malmené-es par plusieurs années de manifestations réactionnaires et LGBTphobes qui ont particulièrement visé l’école, les jeunes LGBT doivent pouvoir y vivre et y étudier en paix, sans pressions, sans discriminations, sans violences.

Pourtant, les jeunes trans y sont particulièrement exposé-es et l’école doit avoir un regard attentif pour ces jeunes, par la formation de ses personnels, par les actions menées dans les établissements notamment.

Le Collectif Éducation contre les LGBTphobies, soucieux d’être au côté des élèves et personnels LGBT, se donne pour objectif de sensibiliser l’ensemble de la communauté éducative grâce à des outils adaptés tel le 4 pages « Ensemble contre les discriminations LGBTphobes, de l’école à l’université » réalisé et diffusé par les organisations du Collectif. (en document joint).

Ainsi, le Collectif Éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire réaffirme sa volonté de lutter contre tous les obscurantismes et contre leur volonté d’introduire leurs idées dans les établissements scolaires. Il appelle à participer à l’Existrans, moment de visibilité et de revendications des personnes trans, le samedi 15 octobre à Paris (départ à 14h Métro Belleville).

Condamnation des JRE par la justice

A l’heure d’une recrudescence des offensives réactionnaires contre l’École, à base de propagande mensongère, le Collectif éducation contre les LGBTphobies en milieu scolaire rappelle qu’on ne peut pas s’en prendre impunément aux personnels de l’éducation nationale.

La justice condamne les Journées de Retrait de l’École pour diffamation à l’encontre d’une enseignante.

Le 19 mai 2016, le tribunal correctionnel de Tours reconnaît la diffamation dont a été victime une enseignante d’une école de Joué-lès-Tours au printemps 2014, accusée d’attouchements, dans une vidéo publiée par l’association JRE (Journées de Retrait de l’École) sur son site. Ces graves accusations avaient été faites afin de remettre en cause l’école publique et notamment sa mission de former tous les futurs citoyens et toutes les futures citoyennes à l’égalité filles-garçons (par des dispositifs tels que les ABCD de l’Égalité).

Mmes Hassan et Belghoul (représentantes du mouvement) sont condamnées respectivement à des peines d’amende de 4 000 et 5 000 euros. Ce jugement s’accompagne d’une peine supplémentaire, à savoir la publication du dit-jugement, à leurs frais, dans la Nouvelle République, Le Monde et le Figaro. Au titre civil, Mmes Hassan et Belghoul sont également condamnées à verser solidairement 12 000 euros de dommages et intérêts ainsi que 1 000 euros chacune au titre de l’article 475.1 du code de procédure pénale. Cependant cela ne dédommage pas le préjudice professionnel et la souffrance morale de la collègue.

NB : Initialement prévue le 26 septembre 2016, l’audience en appel a été reportée au 5 décembre.

Non, la « théorie du genre » n’existe pas, n’en déplaise au pape !

Le 2 octobre, le pape François a accusé les manuels scolaires français de propager un « sournois endoctrinement de la théorie du genre »… L’occasion pour nous de rappeler que, non, la « théorie du genre » n’existe pas !

* * *

Après la polémique autour des manuels de SVT pour les classes de 1ère qui avait eu lieu en 2011, les lobbys conservateurs, et en particulier les vigi-gender1, issus de la « Manif pour tous », mènent depuis 2013 une nouvelle offensive contre ce qu’ils appellent « la théorie du genre » à l’école… La vision qu’ils veulent en donner est caricaturale et mensongère, laissant entendre qu’on mettrait dans la tête de nos élèves l’idée qu’ils pourraient choisir leur sexe une fois adultes !!

Qu’est-ce que les études sur le genre (ou gender studies) ?

Il s’agit en fait, non pas d’une théorie, encore moins d’une idéologie, mais d’un concept, un domaine de recherche pluridisciplinaire, né il y a une trentaine d’années en Europe, qui fait référence aux qualités, rôles, responsabilités associés traditionnellement aux hommes et aux femmes dans une société. En France, on a longtemps employé surtout les expressions « rapports de sexe » ou « rapports sociaux de sexe ».

Le genre est parfois défini comme le « sexe social », différencié du sexe biologique. Il s’agit d’une construction sociale de la différence des sexes, telle que Simone de Beauvoir l’écrivait en 1949 : « On ne naît pas femme, on le devient », expression tout aussi symétriquement applicable aux hommes. Cette différenciation des sexes fonde une hiérarchie au profit du masculin qui varie en fonction des lieux, des époques et du contexte socioculturel. Pour d’autres chercheurs et chercheuses, le genre est le système qui produit la bipartition hiérarchisée entre les hommes et les femmes, la hiérarchie des sexes et des sexualités. Le cadre normatif du système de genre peut se révéler très étroit, générant sexisme et homophobie, et enfermant les individu-es dans des rôles dans lesquelles ils et elles ne se reconnaissent pas forcément.

Être sensibilisé-e aux études de genre, c’est donc faire la part du culturel, des stéréotypes pesant sur les individu-es en fonction de leur sexe, et avoir conscience des rapports sociaux inégalitaires entre les sexes. En gros, le chromosome Y n’est pas incompatible avec les tâches ménagères, et le destin des femmes n’est pas exclusivement d’être mères, par exemple ! Il ne s’agit pas non plus de nier les différences biologiques, mais de les remettre à leur juste place.

Ces études se heurtent à de puissants discours qui rapportent les différences perçues et la hiérarchie entre les hommes et les femmes à un substrat biologique, à un invariant naturel (voire à une « loi divine » pour certain-es). Leurs détracteurs défendent une vision essentialiste et glorifient la prétendue « complémentarité des sexes » ; ils ont fabriqué l’épouvantail de la « théorie du genre » pour contrer le mouvement d’émancipation des femmes et discréditer l’éducation à l’égalité à l’école.2

En résumé : La « théorie du genre » ou « gender » n’existe pas ! Il existe des recherches sur le genre, qui est parfois défini comme un outil d’analyse, parfois comme un système de hiérarchisation entre les sexes (les deux définitions ne s’excluant pas forcément). Celles et ceux qui s’élèvent contre le « genre » en sont en réalité les gardien-nes du temple !

A l’école :

Il ne s’agit pas de faire la promotion d’une orientation sexuelle mais d’éduquer à l’égalité filles-garçons. De même, il n’est pas question d’enseigner les études sur le genre à l’école.

Mais il est nécessaire que l’école les prenne en compte aussi bien dans son enseignement que dans sa gestion des relations entre enfants. A l’école, ces rapports sociaux de sexe ont cours et sont maintenant bien connus. Le système éducatif les reproduit par ses hiérarchies entre professionnel-les, l’orientation scolaire et professionnelle des élèves et étudiant-es, les pratiques de classe et les interactions enseignant-e/élèves, l’image des disciplines, l’évaluation des élèves, les manuels scolaires, la littérature de jeunesse, l’occupation de l’espace dans la cour de récréation et la présence symbolique dans la classe…

Nous devons veiller à ne pas enfermer nos élèves dans des schémas étriqués, afin de leur laisser ouvert le champ de tous les possibles : choix d’orientation scolaire et professionnelle, choix de loisirs, et afin de permettre l’épanouissement de toutes et tous. Il s’agit de lutter contre les stéréotypes, de promouvoir la diversité. Cela se pratique au quotidien, dans nos attitudes et nos réactions, et peut également être traité lors d’activités pédagogiques plus spécifiques.

Lutter contre les discriminations et les stéréotypes véhiculés sur les filles et les garçons est précisément un des objectifs de l’école : depuis 2000, la Convention interministérielle pour l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes dans le système éducatif (nouvelle version signée en février 2013) entend sensibiliser les élèves (et les personnels) à l’égalité filles/garçons.

Et pour répondre au pape :

Si le pape s’en est pris une nouvelle fois aux manuels scolaires, c’est parce qu’un père de famille français, catholique, a raconté comment son fils, interrogé pendant un repas sur ce qu’il voulait faire plus tard, avait répondu : « Être une fille. »3

Avec un peu de compassion, on peut facilement imaginer que, si les manuels ont joué un rôle dans cette histoire, c’est peut-être en permettant à ce jeune d’exprimer quelque chose qu’il ressent depuis toujours. Le phénomène de sursuicidalité qui touche les adolescent-es en questionnement devrait être un sujet de préoccupation universel, alors que la société est encore trop enfermée dans le cadre rigide de l’hétéro-normative de la domination masculine présenté comme « normal ».

1 Qui se cache derrière les vigi-gender ? Ces collectifs de parents auto-proclamés sont des émanations de La Manif pour tous, certains ayant aussi des liens avec l’Association des Familles Catholiques. Faute d’avoir pu empêcher l’ouverture du mariage aux couples de même sexe, ils s’en sont pris à l’école publique, dès septembre 2013. A l’époque, leur cible était les ABCD de l’égalité. Il s’agit donc clairement d’une offensive de mouvements conservateurs et réactionnaires, parmi lesquels des organisations d‘extrême droite et des catholiques traditionalistes, visant à l’ingérence des familles par rapport aux contenus d’enseignement, jetant la suspicion sur toutes les activités d’éducation contre les discriminations.

2Voir par exemple le texte d’Anthony Favier « Les catholiques et le genre – Une approche historique » : http://www.laviedesidees.fr/Les-catholiques-et-le-genre.html